501-507, place d’Armes
Édifice Aldred

Concepteurs : les architectes Barott & Blackader

HISTOIRE
En construisant l’édifice Aldred entre 1929 et 1931, l’agence d’architectes Barott & Blackader relève un énorme défi pour cette époque, soit celui d’insérer un édifice moderne au sein de bâtiments relatant trois siècles d’histoire et d’architecture, ce qui impliquera la démolition de plusieurs bâtiments, notamment la Banque provinciale du Canada et la Librairie Granger et Frères.

La construction de l’édifice de 23 étages en pierre et granit gris est commandée par la société financière Aldred and Co. Limited, dont John Edward Aldred est président, et la compagnie d’électricité Shawinigan Water and Power Company. Les locataires de l’immeuble sont des compagnies d’assurance et des bureaux d’avocats, une banque et des bureaux de télégraphe. La Aldred and Co. Limited occupe les 17e et 18e étages. En 1941, la Prudential Insurance Company of America devient propriétaire et La Prévoyance, en 1960.

Référence : www.vieux.montreal.qc.ca

ARCHITECTURE
Édifice Aldred
501-507, place d’Armes

L’édifice Aldred est issu de la modification des règlements de construction permettant des bâtiments plus hauts, en terrasse, inspirée de l’expérience new-yorkaise. Conçu par les architectes Barott & Blackader, l’immeuble est à l’époque de sa construction l’un des plus imposants édifices de bureaux de Montréal. Situé au coin sud-est de la prestigieuse place d’Armes, au cœur du quartier financier de la ville et à proximité des cours de justice, c’est un exemple typique de gratte-ciel d’inspiration Art-Déco.

Résolument moderne, le bâtiment de 318 pieds de hauteur possède une structure en acier et des planchers en béton armé. Lors de sa construction, il est doté de six ascenseurs automatiques, de conduits téléphoniques dans les planchers et de systèmes électriques et mécaniques avant-gardistes pour l’époque.

Toutes les façades sont composées de contreforts verticaux en calcaire de l’Indiana brisés par des retraits successifs aux huitième, treizième et seizième étages. Avec son allure toute en verticalité, rehaussée par la composition des fenêtres, des panneaux tympans en aluminium et le prolongement des contreforts au-delà des retraits des façades, le bâtiment de 23 étages représente la modernité du début du XXe siècle tout en s’intégrant à son environnement composé de plusieurs édifices plus anciens.

Outre sa volumétrie en « gâteau de noce », notez les motifs géométriques et végétaux ainsi que les bas-reliefs non historicistes qui ornent le bâtiment. Une frise représentant des hirondelles perchées sur des fils télégraphiques dans le hall d’entrée est un bel exemple des motifs caractéristiques de cette époque. Tant à l’extérieur qu’à l’intérieur, la ferronnerie, les détails et les vitraux reprennent les mêmes éléments stylistiques qui en font un tout cohérent, d’apparence de prime abord sobre mais d’une complexité riche et étonnante.

Référence : Ville de Montréal, grand répertoire Inventaire, fiche bâtiment.