Comment apprécier les belles façades

Nos quartiers anciens recèlent de nombreux trésors d’architecture. Ici, une fausse mansarde sur un toit en ardoise, là, une rambarde ouvragée, là-bas, une fenêtre en saillie, un peu plus loin, une tourellePetite tour rattachée à un édifice, parfois bâtie en surplomb. en porte-à-faux. Découvrez les éléments architecturaux qui composent une belle façade et qui méritent l’attention de tout propriétaire avisé.

Les maisons patrimoniales forment une grande partie du beau décor de Montréal. On les retrouve dans tous les vieux quartiers, partout sur l’île de Montréal. Ce qui fait leur beauté, c’est la qualité du travail des artisans et des matériaux utilisés, leurs proportions et aussi la richesse de leurs boiseriesTout ouvrage de menuiserie ou revêtement intérieur en bois, en particulier sur les murs..

Même si ces maisons ont été construites en série, elles étaient la plupart du temps conçues par des architectes. C’est pourquoi les proportions des fenêtres sont harmonieuses et proposent un décor sobre mais équilibré. Et c’est aussi la raison pour laquelle les travaux de réfection des fenêtres devraient toujours respecter ces éléments d’origine.

La maçonnerie de brique, à cette époque, était souvent mise en place avec des jointsDispositif ou produit liant destiné à rendre étanche une surface composée de plusieurs éléments (revêtement de briques). creux, ce qui crée une impression très intéressante sous le soleil. Il faut absolument conserver cette caractéristique, sinon c’est la qualité de toute la façade qui s’en trouve diminuée. L’assemblage à jointsDispositif ou produit liant destiné à rendre étanche une surface composée de plusieurs éléments (revêtement de briques). creux était toujours utilisé avec une brique d’argile sombre, à motifs peignés, et associé à de grandes fenêtres aux boiseriesTout ouvrage de menuiserie ou revêtement intérieur en bois, en particulier sur les murs. généreuses. Modifier un élément affecte grandement l’unité de l’ensemble.

Les parapetsPartie du mur qui dépasse la ligne d’un toit plat. décoratifs qui viennent coiffer cette maçonnerie ont aussi un rôle important à jouer dans ce décor. Ils viennent « accrocher » la façade dans le ciel et « finissent » bien le travail de brique. Il ne faut pas faire disparaître ces éléments, lorsqu’ils sont détériorés, sous prétexte qu’ils sont onéreux à réparer ou à refaire; il y a de plus en plus d’artisans qui sont spécialisés dans ce genre de travail.

Les boiseriesTout ouvrage de menuiserie ou revêtement intérieur en bois, en particulier sur les murs. extérieures, c’est la touche finale qui vient parfaire la beauté de la façade. C’est l’espace entre l’intérieur de la maison et le monde extérieur, un espace semi-privé qui donne un caractère particulier à la maison, c’est le domaine du langage architectural. Faire disparaître des mots, c’est enlever du sens au « discours » que la maison adresse aux passants et au voisinage.

Il est important de sauvegarder et de mettre en valeur les caractéristiques architecturales d’origine de votre bâtiment, aussi simple soit-il. Des interventions judicieuses et tenant compte de l’ensemble des composantes garantissent la sauvegarde et l’enrichissement de votre patrimoine. Voyons rapidement quelles sont ces composantes de la façade.

Les secrets des façades

Les couronnements

Le couronnementÉlément décoratif formant le dessus d’un mur, d’un pilier, d’un poteau d’escalier ou d’une colonne. est ce qui termine et orne le sommet d’un bâtiment. Il participe grandement à l’expression du caractère de la façade. On retrouve à Montréal trois types de couronnementÉlément décoratif formant le dessus d’un mur, d’un pilier, d’un poteau d’escalier ou d’une colonne. : le parapetPartie du mur qui dépasse la ligne d’un toit plat., comme sur la photo, la cornicheÉlément généralement horizontal d’un édifice, au rôle parfois utilitaire (écoulement de l’eau de pluie) mais surtout décoratif. et la fausse mansardePièce aménagée sous un comble, en principe sous toit brisé, avec mur incliné et plafond bas..

Les parements

La maçonnerie d’une façade a bien sûr une fonction technique, mais aussi un rôle esthétique de première importance. Notre bâtiment témoin possède un rez-de-chaussée de pierre et un bel appareillage de maçonnerie de brique aux étages.

La pierre calcaire surnommée pierre grise, abondante sur le territoire montréalais, est largement utilisée en construction. On retrouve aussi différents types de grès et de granit.

La brique d’argile est utilisée de façon plus importante au 19e siècle, dès sa production industrielle. On retrouve traditionnellement de la brique d’argile naturelle ou vernissée.

À partir de 1920, avec l’industrialisation, le béton armé remplace les moellons de pierre pour la construction des fondations. Les éléments décoratifs en béton (allèges, linteaux, pilastres, médaillons, etc.) deviennent très utilisés dans les façades de brique et de pierre.

Les saillies et les avant-corps

Les sailliesToute partie en avancée faisant relief sur la surface d’une façade. qui se dégagent des murs extérieurs dans une variété de formes et d’ornementations procurent à chaque bâtiment un caractère distinctif. Elles contribuent également à sa qualité architecturale.

Les balcons, les escaliers, les fenêtres en saillieToute partie en avancée faisant relief sur la surface d’une façade., les tours et les tourellesPetite tour rattachée à un édifice, parfois bâtie en surplomb. participent aussi à la richesse patrimoniale d’un quartier. Le charme indéniable de ces sailliesToute partie en avancée faisant relief sur la surface d’une façade. mérite qu’elles traversent le temps en conservant fière allure et qu’on respecte leur intégrité.

Les menuiseries et le fer ornemental

Les boiseriesTout ouvrage de menuiserie ou revêtement intérieur en bois, en particulier sur les murs. des balcons, des colonnesPilier structural, souvent doté d’une base et d’un chapiteau., des balustradesGarde-corps, souvent ajouré, constitué par des piliers et surmonté d’une rampe, destiné à prévenir les chutes., des lucarnesOuverture vitrée pratiquée sur la pente d’un toit permettant d’éclairer/aérer un espace., ainsi que les éléments de fer ornemental sont indissociables du cachet des quartiers.

Le courant victorien, toujours à la mode au début du 20e siècle, ornait les sailliesToute partie en avancée faisant relief sur la surface d’une façade. de divers travaux de bois ouvré et de fer forgé. Cette ornementation des façades par des moulures, frisesBande horizontale située sous la corniche et destinée à recevoir un décor, généralement constitué par la simple répétition d’un motif., colonnesPilier structural, souvent doté d’une base et d’un chapiteau., consolesSupport, souvent en forme de S, appuyé ou fixé à un mur., corbeauxPierre ou pièce de bois ou de métal en saillie soutenant une charge quelconque (poutre, corniche, etc.)., cornichesÉlément généralement horizontal d’un édifice, au rôle parfois utilitaire (écoulement de l’eau de pluie) mais surtout décoratif., parapetsPartie du mur qui dépasse la ligne d’un toit plat. ou garde-corpsBarrière de protection, par exemple autour d’une terrasse, pour empêcher les chutes. a permis la construction de décors raffinés.

Les ouvertures, portes et fenêtres

Les portes et les fenêtres sont des éléments essentiels donnant son caractère à une façade. Leurs formes et leurs proportions servent à équilibrer la composition architecturale du bâtiment et à l’harmoniser à l’ensemble architectural du voisinage.

Les fenêtres à battants de Montréal sont d’inspiration française, et on les retrouve de la colonisation jusqu’au début du 19e siècle. Elles sont remplacées au milieu du 19e siècle, pendant la période victorienne, à l’ornementation très riche, par des fenêtres à guillotine, d’inspiration anglaise.

On retrouve deux types de fenêtre à guillotine. Le modèle le plus courant possède des volets égaux. Sur certaines façades, la guillotine possède un volet supérieur de 1/3 de la hauteur et un volet inférieur de 2/3 de la hauteur. Souvent, ce dernier type de guillotine possède de très beaux vitraux au volet supérieur.

La plupart des portes des habitations montréalaises sont en bois avec une large partie vitrée, une imposte, des vitraux et des boiseriesTout ouvrage de menuiserie ou revêtement intérieur en bois, en particulier sur les murs.. On retrouve généralement une porte double au rez-de-chaussée ou bien une porte simple avec des fenêtres latérales. Les portes des étages supérieurs sont à simple volet, mais souvent ornées.